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  • rafaelhbarnwell

J'aimerais qu'ils sachent

I’m alone but not lonely. Montréal en soit ne me manque pas. J’ai la chance de pouvoir y retourner. La famille, je m’ennuie toujours un peu. Ça va de soit. Je ne crois pas que ce soient les amis qui me manquent à ce point là ou peut-être que si. Mais je suis bien à Berlin. Je crois que ce qui me manque le plus c’est de pouvoir partager cette vie que j’ai avec les personnes que j’aime. Et celles que j’aime le plus, elles sont à Montréal. C’est peut-être un peu contradictoire. Avant, recevoir à la maison était ma manière de m’ouvrir et de partager un brin de mon quotidien. Mon chez moi, avec la musique, les bougies, le vin, les effluves du four, la fraîcheur de la salade du marché, le chien qui va et vient, la map du monde et les photos du temps passant sur le mur… c’était ça chez moi. Et on riait fort, et on parlait de potins et de grands débats de vie. J’aimerais pouvoir montrer à ce cercle d’amis et de famille à quoi ressemble mon nid maintenant. À quel point il est petit mais à quel point je l’aime bien aussi.


J’aimerais qu’ils sachent que j’ai un mobile de petits oiseaux en origami qui pend à côté de mon lit. J’aimerais qu’ils sachent que de l’autre côté du lit, j’ai toutes mes valises d’entassées, que je ne sais pas trop où les mettre. J’aimerais qu’ils sachent que le resto d’en face est super bon, un peu trop cher, mais délicieux et que la fille qui l’a ouvert, elle a un petit chien qui court partout dans la cour l’été et que si je laisse ma porte d’entrée ouverte, il risque de s’y faufiler. J’aimerais qu’ils sachent que j’entends tout le temps les voisins de l’immeuble d’à côté baiser et que ça me fait sourire à chaque fois. J’aimerais qu’ils sachent que la boutique vintage de l’autre côté de la rue où j’ai acheté mon premier morceau à Berlin est tenu par une femme super sympa qui m’invite parfois à jaser et m’offre des bourbons lemonade. J’aimerais qu’ils sachent que le café à droite en sortant de chez moi n’est pas super bon, que les gens sont un peu bizarre mais que celui à gauche au bout de la rue juste avant le parc est meilleur et que le matin quand je veux me gâter je prends la danoise aux raisins. J’aimerais qu’ils sachent qu’un de mes artistes préférés à son studio sur ma rue, qu’il m’a donné son numéro pour aller prendre un café mais que je n’ose pas trop… J’aimerais qu’ils sachent que le bar du coin me fait penser à Korova et que je n’y vais pas assez souvent. J’aimerais qu’ils sachent que le samedi soir, sur la grosse rue, il y a un café qui organise des soirées jazz mais que je ne suis toujours pas encore allée parce que j’oublis tout le temps et que je me rappelle juste quand je passe devant, sur mon chemin pour aller ailleurs. J’aimerais qu’ils sachent que sur cette grosse rue, il y a des prostituées et des casinos pleins de russes et de turcs et des gens louches mais qu’il y a aussi des galeries d’art et des boutiques design de grande renommée. Que c’est ce clash que j’aime. J’aimerais qu’ils sachent que quand je fais mon jogging au parc, que je pense à Moose à chaque fois, et que je m’imagine toujours en train de courir avec lui et mon frère et que je me demande s’ils aimeraient le parcours que j’ai choisi. J’aimerais qu’ils sachent que mon amoureux habite à une dizaine de stations de chez moi. Vers l’ouest. Dans un beau quartier résidentiel qui me rappelle Outremont. Et que quand je vais par chez lui, je m’arrête souvent au magasin bio qui a pleins de bons produits. J’aimerais qu’ils sachent que l’été, ce que je préfère c’est me poser sur le bord du canal boire des bières à 1 euro et aller prendre une pointe de pizza après. J’aimerais qu’ils sachent que ce qui me donne toujours des papillons dans le ventre c’est quand je prends mon vélo et que je me balade dans les grandes rues de Berlin.






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